L'enjeu pour les élus d'aujourd'hui est de faire en sorte que le pouvoir soit restitué aux citoyens sans trahir le sens politique approuvé par le suffrage universel. La concertation relève d'une réelle volonté politique.
La concertation se distingue de la négociation (1) en ce qu'elle n'aboutit pas nécessairement à une décision, mais qu'elle vise à la préparer. Dans le cas des collectivités territoriales, la décision finale appartient aux élus qui seuls en détiennent formellement le pouvoir, mais qui devront intégrer les résultats de la concertation.
La concertation se distingue de la consultation (2) en ce qu'elle ne se résume pas à une demande d'avis. La concertation suppose la confrontation entre les parties, l'échange d'arguments, l'explicitation des points de vue de chacun.
La concertation se distingue de la médiation (3) en ce qu'elle ne fait pas intervenir un tiers pour faciliter la recherche d'un accord entre les parties. Les échanges sont animés par l'une des parties prenantes ou, dans certains cas, par un facilitateur lié à l'une d'entre elles.
Les élus doivent instaurer le dialogue non seulement avec les associations, les organisations syndicales et les citoyens qui participent volontiers aux processus de concertation mais également avec ceux qui n'ont pas l'habitude de s'exprimer et qui appartiennent, en majorité, aux couches sociales en difficultés sociale, culturelle...
La démocratie active a ses exigences :
En revanche, au terme du processus, la responsabilité de décider ne peut appartenir qu'aux élus :
Les élus (le maire en particulier) sont responsables juridiquement des décisions prises.
Le processus peut ne pas aboutir parce qu'il existe des intérêts trop divergents ou parce que la parole a été monopolisée par certains groupes bien organisés : il faut donc arbitrer et c'est en principe le rôle du Maire.
Pour revenir à la question du projet politique, les décisions doivent aller dans le sens qui a été approuvé par le suffrage universel et dont les élus sont porteurs.
La démocratie active est un exercice complexe qui exige bien plus qu'une bonne capacité d'écoute de la part des élus. Elle exige une volonté politique forte.
On peut toujours intéresser les citoyens à leur environnement immédiat pendant qu'ils n'ont aucune prise sur les décisions qui concernent l'ensemble du territoire et encore moins sur les enjeux de société.
Aborder les choses progressivement, en commençant par la proximité, est sans doute une bonne démarche à condition de veiller ensuite à ne pas s'enfermer dans les problèmes d'environnement immédiat et d'animation (par ailleurs importants) si l'on veut que la démocratie locale soit un levier qui ouvre d'autres voies à l'intervention citoyenne.
Quelles que soient les échelles, la démocratie active s'exerce à différents niveaux qui s'emboîtent ou interfèrent.
Sans parcelliser les choses, une certaine variété d'outils, connectés entre eux, est sans doute indispensable pour permettre au plus grand nombre possible de citoyens de se trouver impliqués.